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31/07/2011

Un oiseau de passage

 

Deux femmes, deux amies de longue date qui peuvent en certaines circonstances devenir deux rivales ... Entre elles, un homme va s'immiscer et leur permettre (peut-être) d'y voir plus clair ? 

 Si l'on se réfère aux critères en vigueur, Maria est censée être celle qui a le plus d'expérience bien que cette dernière ne puisse se mesurer au nombre d'années. Disons que la dame est théoriquement à la moitié de sa vie, période où l'on commence à regarder en arrière et à se poser des questions ... Par ailleurs, il y a implicitement  - m'a t-il semblé, du Petra von Kant (Fassbinder) dans cette Maria là ! 

 Rachel (sa cadette) est plus fébrile, beaucoup moins stable mais possède à ce titre la fantaisie qui fait peut-être défaut à l'autre ? Ces deux femmes se complètent  parfaitement et considèrent que depuis le temps, leur destin est lié. 

 Daniel va donc jouer un peu les éléphants dans un magasin de porcelaine qui ici aurait les proportions d'une maison de poupées. Mais ne s'agit-il pas d'une maladresse feinte ? 

 Les non-dits ont ici une importance au moins équivalente à ce que nous entendons, voire plus ...

 

RENCONTRE AVEC L' AUTEUR,

 

S.A. - Vous, qui plus que tous explorez des univers différents, il n'est pas rare que vous mettiez face à face deux femmes. Quelle est en cette démarche réitérée votre motivation ?

R.P. - Les rapports affectifs de deux femmes dans une sorte de huis-clos (un modeste logis dans La brise-l'âme et le salon cossu d'Un oiseau de passage) constituent un thème récurrent que l'on retrouve dans les deux pièces suscitées. Mais de là à dire qu'il revient souvent dans mon théâtre, ce n'est pas mon impression. Il n'apparaît pas vraiment en tout cas jamais aussi nettement présent dans toutes les autres pièces qui ont été représentées. Ce qui est vraiment récurrent dans mes comédies des années 70-80 c'est le climat, le ton et les caractères des personnages. Il en est ainsi dans La Petite Mécanique écrite en 1974 et Un Oiseau de Passage en 1980. Ces deux pièces ont bien des points communs. Dans la seconde, le personnage de Daniel qui déclare " n'exister que par la représentation qu'il se donne " rappelle souvent celui de Jérome dans la première. Jérome avec Trottie et Daniel avec Maria et Rachel vivent un jeu dense et subtil où chacun prêt à donner ou à recevoir a peur de perdre quelque chose. Ils évoluent tous dans une succession d'états de tension-négociation. Ils négocient en effet, leurs histoires, leurs rêves, leurs désirs en usant plus ou moins des composantes du marivaudage à savoir : la proposition ambiguë, le point énigmatique, l'allusion parfois trouble et même cruelle, la dérobade et des glissements furtifs vers la tendresse et l'amour. 

 

S.A. - Il y a dans cette pièce, des relations très fortes entre les deux femmes. Pensez-vous qu'une tendre amitié puisse durablement suppléer à l'amour ? 

 

R.P. - J'ai écrit dans Un Pavé dans les Nuages : " la tendresse c'est la victoire de l'amour sur le temps " Avec Maria et Rachel sommes nous dans l'amour ? On est plutôt selon moi, dans une amitié passionnée, possessive et parfois ambiguë. La tendresse ne remplace pas l'amour, elle est si je puis dire d'un étage inférieur ( au 6ème Ciel ) La tendresse qui est durable reste souvent imprégnée des moments les meilleurs de l'amour vécu mais fragilisé par le temps qui passe.

S.A. - La pièce n'est pas encore éditée ? … Projet en cours ? …

R.P. - Pas encore mais il n'est pas exclu qu'elle le soit en 2012.

 

Quelqu'un ou un Oiseau de Passage a été représenté au Lucernaire pendant l'été 1981 et a fait l'objet d'une dramatique sur Aligre FM en 2002.

15:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0)

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