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29/07/2011

Le motard

Théâtre en Coulisses, Editions CRATER : 1994

 

Motard-2.jpg Trois petits bourgeois en voiture, grossissent le flot des conducteurs du dimanche, le mari et l'épouse (enceinte) à l'avant, la belle-mère à l'arrière. Cherchez l'erreur ... 

Léon Morin qui ici n'est pas prêtre, joue au flipper. On peut suivre le match dans le rétroviseur. Les occupants de la voiture parlent et disent un peu n'importe quoi.

Les vaches broutent dans les près et la belle-mère cancane, juste avant de s'inquiéter du programme de la deuxième chaîne au retour. L'épisode du dimanche précédent sert de prétexte à une démonstration de racisme ordinaire.

La veuve était mariée à un militaire, qui avait fait l'Indochine puis l'Algérie et rapporté des théories lui laissant croire qu'il appartenait à la race des seigneurs.

Le rappel effectué, c'est alors que le motard est apparu dans le rétroviseur ...

(Voilà pour les rimes en " eur ")

L'autoradio diffuse son programme et les occupants qui l'entendent sans l'écouter se réfugient dans leurs pensées respectives. Line rejoint le jeune homme qu'elle a rencontré ou dont elle rêve ? ... Coup de frein brutal. La future mère n'est pas de très bonne humeur, assez irritable même et le motard tout comme l'épouse de la chanson est toujours derrière.

Belle maman en profite pour donner son avis sur l'éducation des enfants tandis que mentalement, Line et le jeune homme font des projets d'avenir, surtout lui.

Léon en a assez d'être ainsi suivi et va emprunter des chemins de traverse afin de semer ce suiveur intempestif. La jeune femme voudrait faire une pause et on ne refuse rien à une femme enceinte ! Un café se profile à l'horizon mère et fille se dirigent vers les toilettes de l'établissement. Belle-maman reviendra vers le véhicule la première dans lequel patiente le mari et Line en profitera pour faire un petit tour de piste avec un danseur quelque peu éméché qui, bien entendu espérait plus.

De retour et avec une mauvaise foi toute féminine, la fugueuse accusera son époux de l'avoir laissée seule avec n'importe qui. La voiture redémarre et belle maman en profite pour délirer tandis que Line rejoint une fois de plus le jeune homme de ses rêves ... dans l'intervalle, le motard les a retrouvés et colle toujours au véhicule.

Un brusque coup de frein et ce sera la collision. Quand elle verra le motocycliste à terre, Line aura alors cette réaction incroyable : " Il a cassé notre voiture " ...

Ce n'est qu'un peu plus tard qu'elle réalisera à quel point elle manquait d'air dans cette boite de conserve à roulettes et Maman-belle-maman après avoir fantasmé sur un viol improbable, à défaut d'avoir subi les derniers outrages et surtout les ultimes, récitera son Pater Noster, les mains appuyées sur le capot.

La suite ? ... il appartiendra aux spectateurs de l'imaginer.

 

ENTRETIEN avec l' AUTEUR, 

 

S.A - Pourquoi avoir changé de titre ? …

 

R.P - Le premier titre était La Culbute. Etienne Draber et Jacques Rosny qui organisaient la tournée de cette pièce en Seine et Marne en 1977 m'ont suggéré de l'appeler L' amour aux Trousses (clin d'oeil à Hitchcock) titre bien adapté au sujet. Par la suite, une amie Laura Larriaga m'a dit " presque toutes les femmes ont maintenant un motard dans la tête en guise de chevalier " et comme elle traduisait cette pièce en italien, j'a décidé d'un titre plus direct. Certes, il est moins drôle que L'amour aux trousses …

 

S.A - Quelles furent les réactions des spectateurs à la sortie ?

 

R.P - Il s'agit d'une comédie de moeurs et elle fut reçue comme telle. Le personnage de la belle-mère que j'avais chargée en propos racistes et xénophobes irritait beaucoup les spectateurs et quand aux deux tiers de la pièce, sa fille la remettait à sa place, le public - surtout le public jeune - libérait cette irritation par des applaudissements nourris.

 

S.A - Vous est-il venu à l'esprit d'écrire une suite à cette histoire qui m'a paru la réclamer ?

 

RP - Pour moi le motard est une satire de la promenade du dimanche d'un trio de petits bourgeois. C'est une satire des années 70-80 mais elle garde hélas toute son actualité. La fin est ouverte mais je n'ai jamais ressenti la nécessité de lui donner une suite. Le miroir que je présente de ce qui est parfois le plus médiocre en chacun de nous n'a pas pris de nos jours la poussière.

16:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0)

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