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31/07/2011

La papesse américaine

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Le célèbre HABEMUS PAPAM est remplace ici par HABEMUS PAPESSAM car l'incroyable a lieu. Nous sommes en 2040 et une femme est assise sur le trône de Pierre. Une vierge qui plus est. Tant qu'à faire ! ... Une femme, une vraie et pas un être hybride du style Charles Geneviève de Beaumont ... vous connaissez la suite. Ce serait la seconde fois qu'une femme devient papesse bien que la première, (Jeanne) fasse figure de légende plus ou moins contestée. 

Une digne descendante d'Eve par conséquent laquelle nous dit-on fut cause de la fermeture du Paradis Terrestre car elle aimait trop les pommes. Or l'Amérique étant pour beaucoup la concrétisation de la Terre Promise, il était logique que cette papesse fut américaine. Ensuite, ceux qui sont toujours à la recherche de signes se souviendront que New-York fut surnommée " la grosse pomme. " 

Au diable les discours depuis le balcon du Vatican, désormais c'est à la télé que ça se passe et en direct ! Et c'est la terre entière à son pape attachée ... 

Rappel de ceux qui ont précédé, ce qui permet du même coup de constater tout le chemin parcouru.

Plus de chaise curule mais un siège en plastique, c'est plus facile à entretenir, donc plus sain. Point d'habit brodé d'or mais une simple robe noire à enfiler seule, pudeur oblige !  Et un sponsor en la personne de la compagnie d'assurances : Marks and Old Field. Raison de ce bouleversement inattendu ? La papesse fut élue au suffrage universel et plus uniquement par les cardinaux. Si Caligula avait été consulté, sans doute eussions nous eu Cincinatus mais maintenant place aux femmes, ces créatures jadis impures, désormais réhabilitées. Alléluia ! 

Une ère nouvelle a vu le jour et les mises à l'index et autres anathèmes doivent être oubliés. " Qui trop enchaîne, mal retient " or depuis assez longtemps, les ouailles se faisaient la valise ! 

Mais les questions métaphysiques allez vous dire ? ... Précisément, c'est l'affaire de notre enjuponnée à juste titre. Et puisque toutes les tentatives de simplification de démarches en direction de la sobriété voire de l'ascétisme ont échoué, revenons à ce qui fait rêver. A savoir la blancheur et les ors. Retour aux valeurs sûres. A l'instar du Christ, sa représentante prend sur elle tous vos péchés, inutile de réfléchir, vous n'avez qu'à la suivre, puisqu'on vous le dit ! 

 

 

QUESTIONS A L' AUTEUR,

 

SA - Pensez vous que l'auteur du pamphlet ( Esther Vilar) que vous avez adapté pour le théâtre avait l'intention de servir ou non la cause féministe ?

 

RP - Difficile de répondre à cela mais si je juge sur pièces, je peux dire qu'Esther Vilar est une auteure provocatrice et paradoxale. En 1982 je connaissais d'elle en dehors de ce pamphlet, le sexe polygame écrit dans les années 70-80 qui avait connu un certain succès. Elle ironisait sur la prétendue soumission des femmes aux hommes et tenté de démontrer que dans le domaine du sexe, c'était la femme qui menait le jeu. Il était écrit sur le bandeau du livre : " le droit de l'homme à plusieurs femmes " C'était sacrément provocateur en un temps de féminisme galopant. Dans la papesse, s'adressant aux femmes elle leur reproche semble t'il d'avoir subi la loi des hommes trop longtemps. Et cette dénonciation avec beaucoup d'ironie en filigrane a retenu particulièrement mon attention car elle témoigne bien du ton général du pamphlet qui se moque des mensonges, des modes et des pauses des hommes de pouvoir ici, ceux de l'église. Mais je n'ai pas le sentiment que la restitution fidèle au fond par mon adaptation soit dans la forme le verbe d'une féministe. Le discours de la papesse est nourri d'ambiguïtés, c'est ce qui fait théâtralement son intérêt à mes yeux.

 

SA - Croyez vous en la pérennité de la religion ?

 

RP - Malraux disait que le 21ème siècle serait celui du mysticisme ou ne serait pas. C'était de sa part une conviction que seuls les faits pourront ou non confirmer. Dans les sociétés occidentales il semblerait que l'athéisme ait poussé vers la sortie nos religions traditionnelles contrairement aux sociétés orientales. Si les religions rencontrent encore un écho dans les esprits c'est que nous vivons dans un monde qui déboussole les humains, voyez notamment aux USA où les personnes trouvent dans les sectes et les religions des placebo à leurs angoisses.

 

SA - Vous avez prononcé le mot : adaptation. Je suppose que c'était une commande ? ...

 

RP : Oui, une demande d'Eléonore Hirt qui inspirée par le thème avait l'intention de jouer ce personnage au festival d'Avignon. Ce qui eut lieu  en 1982. J'ai donc travaillé à partir d'un mot à mot (car je ne parle pas la langue de Goethe) et mon adaptation théâtrale a été donnée au Lucernaire (Avignon et Paris ensuite)  soit au total, 80 représentations. Par la suite, la pièce a été jouée en Allemagne et en Belgique. Nathalie Mann l'a recréée en 2010 au festival off d'Avignon et vient de la reprendre  en 2011 dans ce même festival où elle a obtenu un très grand succès de public et de critique.  

 

 

16:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0)

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