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31/07/2011

Les tétonnières du Paradis

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Indéniablement et avant tout, le titre est porteur d'une dose équivalente de truculence et de rêve.  Sans doute Arletty - avant d'accepter, n'en doutons pas - aurait-elle déclaré à notre auteur " vous êtes un coquin " s'il avait pu lui confier le rôle de Zaza del Corazon, cette autre chanteuse réaliste. 

Joindre l'élégance de l'alexandrin à la canaillerie loubardière n'était certes pas une mince affaire mais quelle superbe gageure !  

Mettons le cap sur l'Absurdie patrie de tous les poètes où règne Zobie-Roi, monarque vieillissant, père d'une jeune beauté répondant au doux nom d'Hippigénie. ( Hip, hip, hip, hourra ! Mais ne nous égarons pas.)

La gente damoiselle réserve ses regards énamourés au libertaire Zozo-la-Chienlit dont l'action subversive ne peut s'exercer que grâce à la présence effective de ses deux loubards de service : Hippo et Hippu.

Car le véritable maître du royaume est en réalité le sinistre prince Zobu, propriétaire incontesté du pétrole et du fric qu'il génère ... lequel a jeté son dévolu sur la belle princesse et compte bien l'épouser bien qu'ayant officiellement deux maîtresses grâce à la présence bicéphale (et pas seulement) de Zaza del Corazon évoquée plus haut et de Zazou de St-Denis. 

L'âme damnée de ce peu recommandable personnage est Zoba-le-Sec, salace sicaire au comportement crapuleux.

Intrigues, querelles sont au rendez-vous de cette farce entraînante où les femmes, n'en doutons pas auront le dernier mot. Mais chut ! je vous laisse par vous-même découvrir la suite ...

 

Editions Théâtrales, ART ET COMEDIE 2000

artcomedie.com 

 

ENTRETIEN avec l' AUTEUR -

 

S.A. - Je crois me souvenir que c'est votre première pièce mais écrite en quelle année ?

R.P. Plus exactement c'est la troisième, les deux précédentes (écrites sous un pseudonyme) étant des comédies libertines qui ont été jouées à Paris. Les Tétonnières ont été conçues en 1971 et j'ai écrit la pièce en deux mois de mai à juillet. A partir de ce moment là, j'ai signé de mon nom.

 

S.A. - Ce fut donc votre réel démarrage dans l'écriture théâtrale. Précisément à ce sujet, comment et pourquoi, décide t-on d'écrire pour le théâtre ? 

 

R.P. - En dehors des deux comédies (Marion des Enfers et La Fleur des sans-culottes) j'ai aussi écrit à cette époque une quarantaine de sketches dont quelques uns ont été joués aux Trois Baudets et puis je me suis dit que je pourrais peut-être écrire une vraie pièce sur la société dans laquelle je vivais en étant sous influence d'Aristophane et de Rabelais.

Les sketches m'ayant révélé certaines dispositions pour le dialogue je pense que c'est le théâtre qui m'a paru le plus propice à mon expression.

 

S.A. - Quid, du choix du thème et de la forme ? …

 

R.P. - Comment se présentait pour moi la société de ce temps là ? (celle des années 70) J'y ai vu le passage pour l'être humain du statut de citoyen à celui de consommateur et pour moi, il y  avait risque que le premier soit phagocyté par le second. J'ai été aussi questionné par les relations de pouvoir et les rapports à l'argent que l'on entretenait dans notre pays et qui avaient tendance à porter l'individu vers des choix de vie médiocre. J'ai décidé en écrivant cette pièce souvent critique de ne pas me prendre trop au sérieux et d'écrire un texte satirique, libertaire, une sorte de farce mêlant le solennel et le bouffon.

Pourquoi ai-je choisi la rythmique alexandrine ? … C'était pour mettre dans la bouche des comédiens des mots forts, gaillards tout en préservant la distance de l'ironie, de l'humour, pour donner plus d'énergie au verbe et aussi parfois pour distiller une petite musique des sentiments. Je me suis attaché à montrer des personnages et non des caricatures.


- La pièce a été jouée plusieurs fois à Paris, Lille, la Ciotat, Belfort  et pour la dernière fois au festival de La Mémoire des Humbles en Périgord. 

 

 

17:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0)

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